Paul eyghar

Le manuscrit de Yol


L’origine de ce manuscrit est entourée de mystères, et l’identité même de son auteur n’est pas établie avec rigueur. L’original de ce roman a été en fait « remis » en juillet 2006 dans des conditions rocambolesques à un jeune journaliste français d’origine libanaise, Akan Zomounié, au cours d’un reportage dans le sanctuaire des derniers Gypaètes barbus, au cœur de la chaîne montagneuse des Gurvan Saïkhan, dans l’Altaï en Mongolie, à l’est du Grand Désert de Gobi.


«… J’escaladais à cheval les versants abrupts du col de Dungune, dans la vallée de Yol, pour atteindre le célèbre glacier éternel, quand je fus rejoint par un jeune cavalier solitaire. L’enfant n’avait pas plus de sept ans. Il se prénommait Gantulga et un « voyageur » l’avait chargé de me remettre un paquet. C’était un manuscrit, tapé à la machine dans une langue que je ne connaissais pas. Il était accompagné d’un petit mot me demandant, dans un français parfait, de remettre ce manuscrit à un éditeur parisien de mon choix ».


Akan Zomounié est supposé rentrer à Paris avant l’hiver 2006, mais sur le chemin du retour, il rencontre à Lhassa, au cours d’une manifestation anti-chinoise, une jeune activiste brésilienne avec qui il partage quelques coups de mains, un peu de prison, et beaucoup d’amour. À leur libération, il décide de la rejoindre à Belem où elle milite pour la sauvegarde des tribus amazoniennes, oubliant le manuscrit de Yol au fond de ses bagages. C’est en février 2008 qu’Akan Zomounié rencontre à Rio une jeune documentariste française, Zoé Manoukian, alors étudiante à la FUC, l’université du cinéma de Buenos Aires, et qui réalise dans la capitale carioca un documentaire sur la Mangueira, la plus ancienne des écoles de samba. En échangeant des récits de voyages et d’aventures au cours d’une soirée arrosée de caïpirinha sur la plage de Punta do Arpoador, Akan raconte l’anecdote du manuscrit de Yol à Zoé Manoukian. À quelques mots qu’il cite de mémoire, Zoé, dont le père est d’origine arménienne,   reconnaît aussitôt que le texte est écrit dans la langue de ses ancêtres. Le texte pourtant n’utilise pas l’alphabet arménien si particulier. Il semble avoir été écrit en arménien phonétique à l’aide de caractères latins. Zoé propose alors à Akan Zomounié de se charger de transmettre le manuscrit…à son propre père, qui est éditeur de bandes dessinées à Paris. C’est ainsi que Razaros Manoukian prend possession de ce manuscrit, qu’aussitôt traduit, il décide de faire publier.


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